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L'aventure continue !

Julien CAMPAN

Quand on se lance dans une aventure entrepreneuriale, le plus compliqué est d'en comprendre les mécanismes. Et pour moi qui je ne viens absolument pas du milieu de la mode, appréhender ce monde secret de la confection textile et de la vente en ligne est assez particulier.

Chaque pas est une épreuve !

Chaque étape à franchir est difficile. Exemple tout bête, pour trouver un fournisseur de tissu, mon idée était d'aller directement dans les magasins de tissus où j'avais mes habitudes et de demander quelle entreprise fabriquait tel ou tel tissu pour passer commande directement... Mais ce genre de raisonnement ne fonctionne que dans un monde de Bisounours, malheureusement. Car les fournisseurs et autres infos dans le milieu du textile sont aussi bien gardés que les coins à champignons dans les forêts françaises ! Personne pour souffler un nom, aucune indications sur les produits. Les recherches sur Google ne servent pas à grand chose non plus, car la plupart des fabricants n'ont pas de site, ou sont très mal référencés donc ... introuvables !

Bref, c'est la galère !

Et c'est comme ça pour tout ! Pour le tissu, les pressions/boutons/attaches, la mercerie et les ateliers. Tout ce petit monde travaille en circuit fermé depuis des décennies, et c'est hyper compliqué d'entrer en contact !

Heureusement, il existe des solutions ! Une est particulièrement efficace : les salons professionnels !

En septembre dernier se tenait le salon "Première Vision", à Paris. C'est LE salon des gens qui font des fringues sur le vieux continent ! L'avantage avec les salons pro, c'est que les organisateurs ont compris qu'il valait mieux communiquer un minimum pour avoir du monde, du coup c'est plus aisé d'être au courant que ces salons existent ! Idéal pour débuter des recherches sérieuses et rencontrer de futurs partenaires !

L'idée est donc de trouver un atelier en France, qui reproduirait mes modèles de vêtements en conservant des emplois chez nous, et en n'exploitant pas la misère ailleurs. J'ai dans la tête des images dégueulasses de pauvres gens dans les pays du tiers-monde, se tuant la santé pour délaver des jeans qu'ils ne pourront jamais se payer... Après recherche, le salaire à l'heure au Bangladesh est de 18 centimes ! Avec 10 heures de boulot, les mecs ne peuvent même pas se payer un café à Paris ! Pas étonnant que certains patrons de grosses chaines d'habillement comptent parmi les + riches du monde !

De même, l'important est de polluer le moins possible. Mine de rien, si on retrace le parcours d'un tee-shirt acheté à 5 euros en France, il faut avoir les nerfs solides. Le coton qui vient de Chine*, est expédié en Inde* pour tissage, puis en Malaisie* pour être teint. Il est découpé en Turquie* et repart au Bangladesh* pour être cousu. (*remplacer par le pays de votre choix réputé le respect humain). Expédié en France, puis acheminé dans un entrepôt, et enfin livré au magasin.... Bref 50.000 kms au minimum parcourus en bateaux et camions. Pour économiser quelques centimes sur chaque étape, on pollue parce que c'est gratuit et on exploite parce que c'est autorisé. Mais on le payera forcément un jour ou l'autre. Et si ce n'est nous, ce sera nos enfants.

La recherche d'un atelier proche de chez moi présente 2 avantages : la proximité apporte de la souplesse, je peux par exemple demander un changement sur un produit et je reçois le résultat dans la semaine. C'est beaucoup plus long quand il faut le transporter sur la moitié du globe. et les contacts sont en français, ce qui est pas mal quand on baragouine pas terriblement les autres langues !

Mais dans un monde pas de Bisounours, il faut savoir s'adapter, et vite !


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