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La SuperJupopette !

Julien CAMPAN

"Il faut battre le fer tant qu'il est chaud" dit l'adage. Depuis plusieurs semaines, ma compagne - la maman de Jojo - me demande de réfléchir à une déclinaison en robe de la Superlipopette. Quelque chose de facile à porter, de solide et de jolie, bien sûr !

En route pour la couture !

Comme d'habitude, je me rends dans l'un de mes magasins de tissus préféré, autour de Montmartre ! À force d'y aller, même les vendeurs de Tours Eiffel miniatures plantés près de la place St Pierre semblent me reconnaitre car depuis quelque temps, ils m'ignorent superbement !

Dans le magasin, c'est toujours un peu la foire d'empoigne. Beaucoup de monde - de plus en plus j'ai l'impression -  et on ne sait jamais précisément sur quoi on va tomber en terme de tissus. Il peut y avoir du très bon comme du très bon marché, mais ça varie d'un jour sur l'autre. Il est compliqué de prévoir d'acheter tel ou tel tissu. Si on a un coup de coeur, mieux vaut craquer tout de suite plutôt que de devoir attendre des mois avant que le magasin soit ré-approvisionné !

Je ne sais pas si cette stratégie est volontaire, mais elle ressemble à celle de Zara ou H&M quand ils pratiquent la "fast fashion". Fut un temps pas si lointain où les marques se contentaient de 2 collections par an : printemps/été, puis automne/hiver. Puis un mec qui venait de déjeuner dans un Mc Do est arrivé, et s'est dit que ça serait cool de faire une sorte de collection perpétuelle, dans laquelle les fringues changeraient en permanence obligeant les clients à acheter immédiatement s'ils aimaient une pièce.

Bref, avec les magasins de tissus on en est là, si tu n'achètes pas immédiatement peut-être que tu ne retrouveras jamais telle ou telle étoffe !

Du coup, je craque pour un piqué de coton bleu nuit, assez dense, que j'assortis avec une cotonnade fushia. L'idée est de faire sobre, pas Barbie ! Pour les pressions, toujours pareil : des boutons qui se ferment d'un grand coup de marteau, dorés, en 15mm.

Et si on passait à la couture ?

De retour à la maison, il est temps de se mettre au boulot ! Le haut de la SuperJupopette est le même que la Superlipopette. La "bavette", les bretelles et les pattes de boutonnage sont identiques, les seuls changements interviennent au niveau des jambes, logique ! L'adaptation du patron est assez simple du coup, créer le bas d'une robe est à la portée d'un débutant. J'adapte la doublure, de manière à ce qu'elle soit facile à enfiler. Le fond de robe est lié au reste de la tenue, pour éviter qu'il ne remonte, ou se coince en enfilant la robe. Je laisse un revers en bas de la SuperJupopette de 2cms, qui rappelle la doublure et qui est en quelque sorte la signature des fringues que je produis.

La couture me prend assez peu de temps. Le plus long sur les salopettes, c'est surtout la pose des pressions à l'entrejambe. Il faut être précis pour que tout soit parfaitement aligné, certaines pressions ne tiennent pas car mal posées, il faut donc les changer. Avec cette robe, il n'y a pas ce genre de soucis ! Donc une fois l'assemblage terminé, je dois mettre les grosses pressions dorées qui tiennent les bretelles et les côtés de la SuperJupopette et c'est tout. Ces gros boutons se placent assez rapidement : après avoir fait un trou à l'aide de la pince Vario de Prym, je place la pression et la bloque avec un socle livré avec les pressions, et je donne un grand coup de marteau pour riveter l'ensemble. Le truc est inamovible, c'est du solide ! Il faut répéter l'opération 8 fois, mais le résultat est là.

Il est temps d'essayer la salopette-robe sur un enfant !

C'est le moment de tester la tenue sur Jojo. C'est l'occasion pour sortir au parc se dépenser ! Un grand bonheur pour la gamine qui joue comme si de rien n'était. C'est important pour moi que les vêtements qu'elle porte ne la gène pas dans ses mouvements, ou ne la frotte pas au point de lui érafler la peau. Et pour être sûr que le vêtement que je viens de fabriquer ne présente pas ce genre de défauts, rien de mieux que de l'essayer en "milieu naturel" ! J'ai l'impression que c'est une donnée oubliée par les créateurs de vêtements. Je me trompe peut-être, mais certaines fringues que j'ai pu faire essayer à Jojo semblaient n'avoir été portées que par des mannequins de bois dans un bureau d'étude... Bref, à aucun moment un gamin n'avait enfilé le vêtement avant que ce dernier ne soit commercialisé ! Pour que cette mésaventure n'arrive pas, ce que je fabrique est essayé par de vrais bébés - braillards - qui n'hésitent pas à affirmer leur mécontentement quand une tenue ne va pas !


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